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Présentation

Le musée est installé dans le bâtiment qui fut autrefois le grenier à sel (vraisemblablement édifié au 15ème siècle). On lui a donné le nom de Jean Régnier, grande figure humaniste de l’Université. C’est sa veuve, propriétaire du vénérable édifice, qui le légat au Syndicat d’Initiative de Montceau-les-Mines peu après 1960. Pierre Champeil, alors président du Syndicat d’Initiative, fit appel à un professeur de sciences du lycée ayant des connaissances étendues en archéologie : Henri Parriat. Celui-ci avec l’aide de quelques bénévoles de la Physiophile, rassembla le matériel archéologique et en réalisa la présentation.

Les objets sont de provenances diverses. Le fond préhistorique est constitué d’une collection rassemblée à la fin du 19ème siècle par un notable montcellien, le docteur Jeannin. Henri Parriat, assisté de René Desbrosses préhistorien au CNRS, y ajouta une série de pièces découvertes sur des sites plus éloignés. Pour le gallo-romain et le haut Moyen-Âge, il s’agit pour une bonne part, du produit des fouilles d’Henri Parriat et de son équipe de jeunes lycéens, à Chassey, au Portus, à Briord, à Gueugnon ou à Saint-Clément-sur-Guye.

Grâce à cet équilibre entre matériel local et matériel d’origine plus lointaines, le visiteur peut se faire une image large et diversifiée de la vie dans les temps très anciens.

Au premier étage, consacré à l’art roman des environs, on peut admirer une remarquable maquette de l’église de Gourdon construite par un groupe d’élèves du lycée. Des photos réalisées pour la plupart par Guy Tonneau, complète l’exposition.

Le musée Jean Régnier vous invite à un voyage virtuel.

Voyage au sens géographique sur différents sites où ont été récoltées les pièces archéologiques, mais aussi, et surtout, voyage dans le temps, avec, au départ, une plongée vertigineuse dans le passé pour remonter progressivement jusqu’à l’aube du Moyen-Âge.

Au rez-de-chaussée

La préhistoire : le Paléolithique

Sur le territoire français les indices les plus anciens d’une présence humaine ont été repérés dans le Massif Central. Il remonterait à un peu plus de 2 millions d’années

Vitrine 1

Elle présente un panorama bref mais complet de la période la plus ancienne de la préhistoire dont la durée fut considérable. Entre la mise en forme au Paléolithique inférieur des huit exemplaires dans la partie gauche de la vitrine et la réalisation des échantillons au Paléolithique supérieur présentés à droite, il s’est peut-être écoulé plus d’un million d’années. Les trois outils, au centre, ont été façonnés au Paléolithique moyen (entre 300.000 et 30.000 ans avant Jésus-Christ) par l’homme de Néandertal qui dût s’adapter à de dures conditions climatiques (froid souvent intense).

Le Paléolithique supérieur commence il y a 37.000 ans. Notre espèce, homo sapiens, remplace l’homme de Néandertal après l’avoir côtoyé pendant plusieurs millénaires. Plusieurs cultures se succèdent. Dans un climat encore souvent très rude, l’homme continue de chasser, et de cueillir les produits de la nature. Parfois, comme à Solutré, il se spécialise dans un gibier précis (le cheval en l’occurrence).

Vitrine 2

Elle est consacrée aux industries Solutréennes (entre 20.000 et 17.000 ans avant Jésus-Christ) et magdaléniennes (15.000 ans avant Jésus-Christ).

Cet ensemble de silex taillé, bien qu’il ne donne qu’un aspect très partiel de la vie dans ces ans très lointains, illustre les progrès que firent nos ancêtres. L’amélioration et en effet évidente entre les outils du Paléolithique inférieur, grossiers, massifs, peu différenciés, fruit d’un travail malhabile, façonné sans souci d’économiser la matière première, et les outils du Solutréen, taillés avec soin, retouchés, aux formes souvent élégantes, produit d’une technique parfaitement maîtrisée. Progrès indubitable certes, mais somme toute minimes, qui se réalisèrent avec une extrême lenteur.

Du Paléolithique au Néolithique

Le paléolithique se termine vers 10.000 ans av. J-C. Le Mésolithique, période de transition, lui succède. Aucune pièce de cette époque n’est représentée au grenier à sel. Un changement radical dans le mode de vie s’amorce alors au Proche-Orient, progresse lentement, ce qui allait devenir la France 6.000 ans av. J-C. et se généralise : l’homme devient agriculteur, artisan. Certaines populations commencent à se sédentariser. L’expansion démographique, favorisé par le radoucissement du climat et les progrès économiques, se traduit dans la région par l’établissement de nombreux habitats et campements à l’emplacement desquels ont pu être récolté beaucoup d’outils en pierre, taillés ou polis. Nous abordons le néolithique.

Le Néolithique

Présentoir sous la première fenêtre :

Ces trois meules accompagnées de deux broyeurs très frustres, montrent que l’on commence à savoir moudre les céréales pour en extraire la farine. L’agriculture fait son apparition.

Vitrine 3 et petite vitrine sur pieds :

L’homme pratique toujours la chasse comme en témoignent les pointes de flèches ou de javelots dont on a pu établir toute la filiation typologique. Dans cette même vitrine ainsi que dans la petite vitrine sur pieds, on peut voir des emmanchures de haches.

Les outils obtenus par le travail de la pierre ont une fonction de plus en plus spécialisée, fonction qui détermine la forme, les dimensions, le choix de la matière première (silex ou autres pierres dures) et la technique de fabrication (polissage ou taille). Quelle différence entre les minuscules pointes de flèches, véritables bijoux en silex et les grandes haches polies ! La panoplie de l’homme s’enrichit considérablement.

Vitrine 4 :

Sur le premier panneau on peut voir des outils trouvés près d’ici, destinés au travail du bois, du cuir ou de l’os (grattoirs, pointes, racloirs…). Le second panneau est réservé aux différents ustensiles en terre cuite. En effet, comme l’argile, l’homme sait maintenant façonner des pots et d’autres petits objets qu’il cuit dans des fours rudimentaires : l’art de la céramique est né. Le camp de Chassey, près de Chagny, où ont été recueillis les tessons, a été fréquenté dès 4.500 av. JC. Jusqu’à l’âge du fer

Vitrine 6 :

Autre nouveauté remarquable : la fabrication de vêtements en fibre végétales ou animales. L’industrie textile voit le jour. Le tissage est révélé par les fusaïoles et tenseurs présentés ici.

Vitrine 7 :

La corne et l’os sont utilisés pour fabriquer certains outils. Trouvés eux aussi au Camp de Chassey, ou sur les sites de bords de lacs en Suisse, ils sont présentés sur le premier panneau. Le second panneau de cette vitrine donne des indications sur l’agriculture et l’élevage.

Vitrine 8 :

Les pratiques agricoles sont encore évoquées dans un casier de cette vitrine par des instruments aratoires en pierre extrêmement massifs.

La faune préhistorique

Le panorama de la Préhistoire serait incomplet si l’on n’évoquait pas la vie animale. Durant toute cette période, l’homme a été confronté à une faune nombreuse en espèces et en individus. Liée directement aux conditions climatiques, elle a beaucoup varié et évolué depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’époque actuelle. La chasse ayant été l’une des principales ressources en nourriture, les fluctuations des populations animales ont influencé directement la présence, la survie et les déplacements des groupes humains pendant très longtemps.

Vitrine 8, suite :

Un casier de la vitrine 8 présente une faune du Paléolithique moyen, l’autre du Néolithique. Les différences sont aisées à saisir : faune sauvage de climat froid pour la première (Grotte de la Mère-Grand), faune de climat tempéré, proche de la faune actuelle, pour la seconde (Chassey), avec en plus, pour cette dernière, des restes d’animaux domestiques.

La protohistoire : l’Age de Bronze

Vitrine 9 :

Un nouveau progrès technique d’une importance capitale a lieu environ 2.500 ans av. JC. Favorisée par les migrations de certains peuples et les échanges commerciaux qui s’établissent à cette époque, la métallurgie apparaît et s’étend : d’abord celle du cuivre, puis celle du bronze. Le magnifique ensemble d’armes et d’outils en bronze exposés, donne une idée de l’habileté et du sens artistique des premiers métallurgiste. Ces objets, fabriqués 1.600 av. JC. Proviennent presque tous de Suisse.

De la Préhistoire à l’histoire

En abordant la période historique nous entrons dans une échelle de temps qui nous est beaucoup plus familière. Nous passons directement à l’époque gallo-romaine, le Grenier à Sel ne possédant pas de mobilier de l’époque intermédiaire, l’Âge de fer.

La période Gallo-romaine

Sept siècles environ séparent le Bronze final de l’époque gallo-romaine, dont la suite de l’exposition donne un bref aperçu au travers des découvertes locales.

Vitrine 10 et 10 bis :

Durant les quatre premiers siècles de notre ère, la Gaule tout entière est touchée par l’hégémonie romaine. Si dans les grandes villes, comme à Autun, la vie est calquée sur celle de Rome, en milieu rural par contre, la population éduenne, très empreinte de traditions, n’adopte que plus lentement les coutumes italiques.

Les vestiges du Portus, situés en plein bois à quelques kilomètres d’ici au-dessus de Collonges-en-Charolais, et fouillés partiellement par Henri Pariat et son équipe entre 1955 et 1965, confirment cette tendance. On peut reconnaître sur la maquette, l’organisation traditionnelle d’un petit village, le vicus gallo-romain, avec ses habitations sommaires édifiées autour du temple, le fanum, plus luxueusement décoré.

Objets isolés :

Dans l’angle, entre les vitrines 9 et 11 et aux pieds de la vitrine 8, sont rassemblés quelques objets d’époque gallo-romaine. Parmi eux, on peut remarquer l’émouvante stèle funéraire représentant une enfant tenant un chat sur ses genoux et les éléments de meules de dimensions impressionnantes.

Vitrine 11 et 12 :

Dans la moitié gauche de la vitrine 11 et dans la vitrine 12 au pied de celle-ci, les objets, dont une partie provient de Chalon-sur-Saône, permettent à la fois de dater les structures (IIème et IIIème siècles), et de nous renseigner sur la vie quotidienne de ses habitants. Certains ont une fonction utilitaire, comme les meules à grain, les tuiles, l’outillage métallique, la vaisselle, les monnaies. D’autres présentent un caractère plus symbolique et artistique : les stèles funéraires, par exemple, véritables pierres tombales sculptées, ou encore les figurines en terre moulée, ornements traditionnels des laraires domestiques gaulois.

La plupart des objets en terre cuite trouvés au Portus, ont été fabriqués aux IIème et IIIème siècles à Gueugnon où fut découvert par hasard en 1966, le plus important centre producteur régional de céramique gallo-romaine.

La moitié droite de la vitrine 11 a été consacrée à cet atelier grâce à un dépôt de mobilier des Amis du Dardon. Cinquante six fours y ont été retrouvés. La plupart fonctionnaient à feu direct et produisaient des céramiques récentes de teinte sombre, mais le dessin de reconstitution élaboré à partir de découvertes récentes, montre aussi la possibilité d’utilisation avec tuyaux de chaleur. Ceux-ci en évitant tout contact entre les pièces à cuire et les flammes, maintenaient dans le four une atmosphère oxydante indispensable à la fabrication des céramiques rouges et blanches. Ces deux teintes différentes sont dues respectivement à la présence ou à l’absence de fer dans l’argile.

C’est de cette façon qu’était cuite la plus célèbre des céramiques gallo-romaines : la sigillée. Inventée en Italie, elle est caractérisée par sa belle glaçure rouge-corail, et porte fréquemment la signature de son fabriquant.

Les vases en sigillée lisse étaient réalisés au tour. Quant aux superbes bols hémisphériques ornés de motifs en relief, ils étaient façonnés dans des moules en terre poreuse comparables au modèle présenté. Certains vases montrent des motifs moulés à part – en forme de tête de lion par exemple – qui ont été collés avant cuisson sur une panse tournée : ce sont des reliefs d’applique.

Présentoir à droite de la vitrine 11 :

Il faut préciser que chaque forme de vase est repérée par une référence qui lui est propre : le type Drag. 45, par exemple, est réservé aux mortiers à tête de lion-déversoir. Contrairement à la céramique commune généralement anonyme et peu évolutive, la sigillée très expressive par ses décors, ses signatures, ses courants commerciaux et la rapidité de son évolution typologique, constitue pour les archéologues romanistes, un précieux élément de datation.

Le Haut Moyen-Age

Terminons la visite du rez-de-chaussée en jetant un regard sur le Haut Moyen-Âge à partir de documents collectés lors de la fouille d’une nécropole utilisée du milieu du VIème siècle au milieu du VIIème siècle et située sur le territoire d’un village voisin :
Saint-Clément-sur-Guye.

Vitrine 13 :

Paradoxalement, on ne connaît guère les Mérovingiens que par leur sépulture : C’est-à-dire parler 86 tombes retrouvées. La pratique du dépôt funéraire, courante au Bas-Empire, a disparu. Une tombe sur quatre seulement contient des accessoires de vêtements, des boucles et plaques-boucles de ceinture surtout. Aucune arme n’a été retrouvée. Le développement du christianisme n’est certainement pas étranger à ces modifications des coutumes funéraires.

Arrêtons-nous mobilier de la tombe 80, la plus riche de la nécropole, la moins modeste devrions nous dire, tant la valeur représentée par son contenu reste relative. La présence conjuguée d’une balance à métaux et de quelques objets de récupération en bronze (potin gaulois) semble indiquer la rareté de cet alliage, un manque de menue monnaie et par conséquent un contexte de difficultés économiques et financières.

Vitrine 14 :

La radiographie des plaques-boucles, véritables blocs de rouille lors de leur découverte, permet de déceler d’éventuelles incrustations décoratives d’argent ou de laiton, les damasquinures, et de procéder ainsi à leur délicate restauration.

Salle du Haut Moyen-Age

À Saint-Clément les sépultures sont toujours des caissons fermés en dalles calcaires. La tombe exposée dans la salle du Haut Moyen-Âge démontée pierre par pierre, remontée sans son couvercle. Elle contenait initialement une inhumation double, qui a été remplacée par le squelette mieux conservé, de la tombe 21.

L’étude anthropologique effectué à partir des ossements, laisse apparaître une mortalité élevée, surtout chez les enfants, ainsi qu’une stature adulte moyenne de 1,71 mètres. L’examen des crânes révèle un métissage important entre deux ethnies principales : les types alpin et nordique. La prédominance du second peut s’expliquer par l’immigration de quelques individus germaniques, qui auraient été, par croisement avec la population indigène, à l’origine de cette communauté rurale.

Hommage

Ainsi se termine le voyage. Il a pu s’effectuer grâce aux deux remarquables personnages dont on peut voir les portraits accrochés aux murs : Jean Régnier et Henri Parriat.

Conclusion

L’observation de cet ensemble de vestiges du passé, souvent de modestes objets de la vie quotidienne, montre que l’évolution de la vie matérielle fut très longtemps très lente pour s’accélérer brutalement à la fin de la préhistoire en liaison avec une expansion démographique considérable. Cette accélération se poursuit actuellement. Ou conduira-t-elle l’humanité ?

Cher visiteur, merci d’avoir visité notre petit musée dont la gestion et l’entretien est géré par l’association Passion Patrimoine qui est propriétaire des murs. Les charges inhérentes à son entretien sont donc assurées par notre association et tout don de quelque nature qu’il soit est le bienvenu. Une urne est disponible à cet effet à l’entrée du musée.